Edgard Chaya - BLATTCHAYA FONDATEUR

Edgard est la force motrice de BlattChaya, puisqu’il est, sans aucun doute,  à l’origine de la reprise des carreaux de ciment  traditionnels de couleur au Liban.  Après une longue et fructueuse carrière dans la finance, dont il s’était, en principe, retiré, Edgard s’occupait de son potager bio, et, de temps en temps, parcourait la Méditerranée pour jeter l’ancre dans ces lieux secrets où il aimait pécher.

Cette retraite anticipée tant désirée n’aura été qu’éphémère ; il est tombé sur un vieux carton qui finit par l’amener à redécouvrir une entreprise familiale qui sommeillait et dont il savait peu de choses. BlattChaya fut créée en 1881, exploitée sur trois générations mais avait fini par fermer ses portes au courant de l’année 1940. Edgard s’est pris d’une grande passion de cette découverte qui éveilla en lui les souvenirs de ces ancêtres. Habile bricoleur, il était pour lui naturel de se lancer à la recherche des meilleurs procédés et techniques de cette forme d’art tombée en désuétude. La persistance et la persévérance d’un vieil homme  et une bonne dose de cinq années d’essais et d’erreurs : voilà ce qu’il a fallu à Edgard Chaya pour réussir à perpétrer les carreaux que fabriquait son arrière-grand-père. Le passe-temps eut tôt fait de devenir un véritable métier puisqu’en recourant aux mêmes ingrédients traditionnels,  aux couleurs naturelles ainsi qu’aux mêmes savoir- faire manuels, il ne put qu’attirer l’attention de ses proches et de son cercle de connaissances qui compte aussi bien des architectes que des experts en restauration.  Il est rare que de telles histoires demeurent secrètes très longtemps, et, de bouche à oreille, la demande des carreaux de ciment traditionnels de couleur a vite repris. Personne ne s’était imaginé, que quelque soixante ans après que les derniers carreaux eurent été cuits, BlattChaya reprendrait la production.

Grâce à la passion d’Edgard Chaya et à son souci aigu du détail, à la manière de son grand-père, BlattChaya est devenu un grand fournisseur de mosaïques traditionnelles tant au Liban  que dans le monde entier.  Il a finalement réalisé son souhait et persuadé sa fille Caline et son fils Karim de le rejoindre, non  pour qu’il puisse retourner à son potager, mais plutôt pour s’assurer qu’ils garderont, allumé, le flambeau de BlattChaya, et qu’un jour ils en transmettront les secrets à la génération suivante.
Le bruit court qu’à leur retour, à l’aube, les pêcheurs locaux auraient vu la lueur de sa pipe alors qu’il sortait du port.